8 JUIN 2016

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs des forces de Gendarmerie, de Police, et du corps de Sapeurs-pompiers..

Messieurs les Porte-drapeaux,

Mesdames, Messieurs.

La guerre d’Indochine est-elle oubliée? Déjà, entre 1945 et 1954, elle ne suscitait qu’une relative indifférence, car trop lointaine et ne concernant que des engagés volontaires.

On se souvient de la cuvette de Dien Bien Phu, plus pour critiquer le commandement de l’époque que pour souligner le courage et le sacrifice des soldats français. Quant aux combats de la RC4 et des camps de prisonniers Vietminh, ils seraient probablement totalement ignorés s’il n’y avait pas les témoignages des survivants, les livres d’un Erwan Bergot ou encore les films d’un Pierre Schoendoerffer.

Cette guerre, contrairement à ce que beaucoup pensent, qui n’a pas été seulement coloniale (d’où le soutien des Etats-Unis à la France), n’a pas eu bonne presse dans certains milieux non sans influence.

Faut-il oublier les débarquements de blessés pendant la nuit pour éviter les manifestations de mouvements politiques soutenant ouvertement Ho Chi Minh? Ou encore les sabotages de munitions? Ou la mansuétude à l’égard de ceux qui affichèrent leur soutien au Viet Minh, comme un certain Georges Boudarel, qui fit l’objet, en 1991, d’une plainte pour crimes contre l’humanité déposée par d’anciens prisonniers du camp 113?

Dès l’automne 1945, le général de Gaulle envoie le corps expéditionnaire Français d’Extrême-Orient en Indochine. A partir de 1946, les effectifs augmentent. Les soldats de l’armée française, venus de métropole, d’Afrique du Nord et d’Indochine, tous iront jusqu’au bout de leur devoir pour la Nation et pour la République, en un mot pour la France.

Le secrétaire d’Etat Kader Arif a écrit que « cette guerre en Indochine fut trop longtemps oubliée ». Car, a-t-il poursuivi, « la France oublia qu’elle put compter pendant 8 ans sur l’héroïsme et le professionnalisme de son armée, une armée de toutes les origines, de toutes les couleurs, de toutes les confessions ».

Et aussi qu’elle « put compter aussi sur le courage et la détermination d’hommes qui ont sacrifié leur jeunesse, qui ont donné leur vie ».

Se souvenir est non seulement un devoir mais aussi une nécessité, envers les  soldats morts pour la France qui firent de la terre d’Indochine leur tombeau, les 24.000 militaires et civils qui reposent à la nécropole de Fréjus, ceux qui sont revenus blessés dans leurs corps et dans leur esprit, les prisonniers du Vietminh et leurs familles.

Enfin, il est de notre devoir  de  rappeler que la France en Indochine, par l’héroïsme déployé de ses soldats, par le sang versé de ses combattants, par la volonté sans faille de ses chefs, a écrit une page importante de son histoire militaire.

Hier, nos soldats ont répondu à l’appel de la France en Indochine, comme beaucoup y répondent encore aujourd’hui dans les différentes OPEX.

La République se doit d’inscrire le souvenir de l’Indochine dans l’ensemble du territoire, dans chacune des communes de France, comme elle doit y inscrire le souvenir des conflits du temps présent.

L’identité de notre Nation aujourd’hui est une richesse à l’image de cette mémoire collective que nous partageons, une mémoire vive, une mémoire riche, une mémoire plurielle. Elle incarne notre passé. Elle éclaire notre avenir.

Pour conclure je vous citerai un passage des paroles du chant des paras : « oh la fille…. »

 « Dans le sable et la boue des rizières,

Nos ainés ont gravé à 20 ans,

Avec leurs souffrances et leurs misères,

La victoire écrite de leur sang… »

Merci de votre attention.



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