COMMEMORATION DU CENTENAIRE DE LA BATAILLE DE VERDUN

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les élus du conseil municipal,

Monsieur le Lieutenant-colonel Foubert représentant le Colonel Lefebvre Chef de la BA 120 de Cazaux,

Mesdames et Messieurs les Officiers, Sous-officiers des forces de Gendarmerie, de la Police Municipales et des Sapeurs-Pompiers.

Messieurs les porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs.

 

Dans toutes les communes de France, nous commémorons aujourd’hui le centenaire de la bataille de Verdun. Bataille qui se déroula du 21 février au 19 décembre 1916.

Avec la fin de la guerre de mouvement dans les derniers jours de novembre 1914, les belligérants doivent revoir complètement l'organisation des opérations militaires. La guerre ne devait durer que quelques semaines et les armées des différents antagonistes ne disposaient que d'un stock d'approvisionnement limité. Avec l'enlisement du conflit, la victoire ne repose désormais plus uniquement sur le jeu des armes: elle dépend aussi désormais des capacités de l'industrie nationale, de l'état de l'opinion publique et de l'unité politique du pays.

Alors que les tranchées sont creusées tout le long du front, outre le soldat, c'est toute la société qui s'enlise dans le conflit ; la guerre devient totale.

Le général Erich Von Falkenhayn, ne pouvant franchir nos lignes décida de « saigner à blanc l'Armée française » sous un déluge d'obus. La bataille de Verdun se révèle en fait presque aussi coûteuse pour l'attaquant : elle fait plus de 700 000 pertes (morts, disparus ou blessés), 362 000 soldats français et 337 000 allemands, une moyenne de 70 000 victimes pour chacun des dix mois de la bataille.

Le site de Verdun est défendu par une double ceinture de 34 forts et ouvrages fortifiés, dont ceux de Douaumont et de Vaux.

Le lundi 21 février 1916 à 4 heures du matin, un premier obus de 380 mm explose dans la cour du palais épiscopal de Verdun. Ce n'est qu'un réglage de tir, le véritable déluge de feu commençant à 7 h 15.

C’est le début d'une bataille qui va durer dix mois. Deux millions d’obus tombent sur les positions françaises en deux jours,  un obus lourd toutes les trois secondes. Puis, l'infanterie allemande monte à l'assaut. Certains soldats sont équipés d'un lance-flammes. C'est la première fois qu'est employée cette arme terrible.

C'est la « mère des batailles » une des plus longues et des plus dévastatrices de la Première Guerre mondiale, elle apparaît comme l’une des plus inhumaines auxquelles l’homme se soit livré : l'artillerie y cause 80% des pertes.

Le 24 février 1916, Joffre décide de l'envoi à Verdun de la 2ième Armée, commandée par le général Pétain. Dans un premier temps, Pétain réorganise la défense. Elle s’articule sur les deux rives de la Meuse. Une artillerie renforcée dans la mesure des disponibilités couvre les unités en ligne. Les forts sont réarmés.

Pour ménager ses troupes et disposer de troupes fraiches, il impose le « tourniquet » ou « noria ». Les soldats restent quatre ou cinq jours en premières lignes, puis la même durée en secondes lignes et dans les villages de l'arrière-front.

70 des 95 divisions françaises participent à la bataille, soit un million cinq cent mille hommes. Les soldats allemands eux restent sur place, leurs effectifs sont complétés au fur et à mesure des pertes.

Dans un second temps, il réorganisera la logistique. La seule voie de ravitaillement pour le front de Verdun est appelée « La Voie sacrée ». Il y circule plus de 3 000 camions, un toutes les quinze secondes. 90 000 hommes et 50 000 tonnes de munitions sont transportés chaque semaine.

Le 7 mars, les Allemands lancent une offensive sur la rive droite, à partir de Douaumont. Cette partie du front fut le secteur le plus durement touché de la bataille. Le village de Fleury-devant-Douaumont fut le théâtre de combats particulièrement intenses, il fut pris et repris seize fois. Mais les Allemands n'iront pas plus loin. Ce village, qui fait aujourd'hui partie des six communes mortes pour la France (qui ont un maire, mais n'ont plus d'habitants), a représenté l'avance extrême de l'armée allemande devant Verdun.

Le 22 juin apparaissent les terrifiantes bombes au phosgène, un gaz mortel en quelques secondes.

Le 1er juillet survient enfin l'offensive de la Somme. Destinée à soulager le front de Verdun, elle va se solder par un échec sanglant.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, l'aviation intervient de manière véritablement organisée avec la création de la première grande unité de chasse, chargée de dégager le ciel des engins ennemis, et de renseigner le commandement sur les positions et les mouvements de l'adversaire : Pétain leur dira « Je suis aveugle, dégagez le ciel et éclairez-moi »

53 millions d’obus y ont été tirés, dont un quart au moins n'ont pas explosé. Si l'on ramène ce chiffre à la superficie du champ de bataille, on obtient 6 obus par mètre carré. Ainsi, la célèbre cote 304, dont le nom vient de son altitude, 304 mètres, ne fait plus que 297 mètres d'altitude après la bataille.

C'est au général Nivelle plus combattif que reviendra le mérite de l'enrayement de l'offensive allemande, puis de la reconquête du terrain perdu entre octobre et novembre 1916 avec la récupération du fort de Douaumont.

Le 21 décembre, la plupart des positions perdues en février sont récupérées par les Français. Du fait du résultat militaire nul, cette bataille, n'a pas de conséquences fondamentales : elle se termine par un retour à la situation antérieure. La mémoire collective en a fait une victoire défensive de l'Armée française,  elle en a fait le lieu de mémoire par excellence de la Première Guerre mondiale.

Sur les 95 divisions de l'armée française, 70 y ont participé. « Verdun, j'y étais ! » affirment, avec un mélange de fierté et d'horreur rétrospective, les poilus qui en sont revenus.

Côté français, on relève parmi les noms des vétérans français, Charles de Gaulle : Le 2 mars 1916, le 33e régiment d'infanterie où il sert est attaqué et décimé, anéanti par l'ennemi en défendant le village de Douaumont, près de Verdun. Sa compagnie est mise à mal au cours de ce combat et les survivants sont encerclés. Tentant alors une percée, De Gaulle est obligé par la violence du combat à sauter dans un trou d'obus pour se protéger, mais des Allemands le suivent et le blessent d'un coup de baïonnette. Capturé par les troupes allemandes, il est soigné et interné. Cette disparition au front lui vaut d'être cité à l'ordre de l'armée.

Pour la nation toute entière, Verdun devient le symbole du courage et de l'abnégation.

L'histoire s'efface derrière le symbole et la mémoire lorsqu'on évoque la bataille de Verdun car elle constitue l'un des évènements sur lesquels l'identité de la France et le patrimoine des Français se fondent.

L'ennemi déclenche la bataille pour mettre la France à genoux. Il espère percer le front, atteindre Paris et soumettre notre pays à sa volonté : Il n’y parviendra pas, il croit pouvoir saigner à blanc l'armée française et, par ce moyen, contraindre la France à implorer grâce.

Ce second objectif échoue lui aussi , pour trois raisons.

D'abord le pragmatisme et la créativité de trois chefs. Castelnau concentre les efforts sur la rive droite de la Meuse et désigne Pétain, qui conçoit un système de relève permettant d'avoir en permanence des troupes fraîches en première ligne. Doumenc, organise les transports nécessaires pour amener à Verdun les hommes, les matériels, les munitions et les vivres qui entretiendront la bataille.

Ensuite, la rusticité d'une armée encore majoritairement formée de ruraux. Dix-huit mois de guerre ont transformé ces hommes durs à la peine, en soldats de métier. Ils sauront tenir coûte que coûte dans un terrain bouleversé par l'artillerie.

Enfin, la cohésion nationale. Les querelles qui divisaient les Français s'estompent dans les tranchées. Il n'y a plus des royalistes et des républicains, des riches et des pauvres, des cléricaux et des anticléricaux. Il y a des Français, beaucoup de Français car près des deux tiers de l'armée y ont combattu, ils défendaient leur village en défendant Verdun.

«  Nous sommes fiers qu’un jour nos pères et nos grands-pères soient devenus nos sauveurs ».

Permettez-moi d’ajouter mes applaudissements aux vôtres et saluons ensemble les combattants de Verdun, ils ont droit à notre fidélité, à notre reconnaissance.

Merci.



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