8 MAI 2016

Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus du conseil municipal et du conseil municipal des jeunes de Biganos
Monsieur le   Lieutenant-colonel Foubert  représentant le Colonel Lefebvre Chef de la BA 120 de CazauxMesdames et Messieurs les Officiers, sous-officiers et hommes du rang des forces armées, de gendarmerie, de la Police municipale et du centre de secours de Biganos.Messieurs les porte-drapeaux.

Mesdames et Messieurs.

Le dépôt d'une gerbe de fleurs au pied de ce Monument aux Morts après celle déposée tout à l’heure gare de Biganos, dépôts accompagnés d'une minute de silence et de recueillement, cela suffit déjà pour que nous partagions un moment intense d'émotion et de souvenir.

Voilà 71 ans aujourd’hui que les armes chargées en 1939 se sont tues !

Voilà 71 ans qu’à Berlin, les belligérants ont décidé de déposer les armes et de mettre fin à une guerre de six ans que les poilus de 14-18, au sortir des tranchées, n’avaient pas osé imaginer. Ils avaient connu l’horreur des, combats de fantassins montant à l’assaut alignés puis fauchés par les mitrailleuses. Ils ne savaient pas que 20 ans plus tard, l’horreur des combats mécanisés et de la guerre moderne du char, de l’avion, du nucléaire allait quintupler les pertes humaines et transformer l’espoir de la paix éternelle en cauchemar dantesque.

Dès 1939, le monde s’embrase d’est en ouest, puis du nord au sud. Une fois encore notre pays allait saigner, du sang des héros anonymes civils et militaires.

La France peut être fière de ses enfants qui combattirent partout où on leur avait dit que leur sacrifice sauverait la patrie. Ils furent grands sur les plages de Normandie et celles de Provence.

D’autres, courageux à l’extrême, franchirent le Rhin, le drapeau tricolore en tête de colonne pour forcer l’ennemi nazi à la capitulation.

D’autres ne revinrent jamais des voyages sans fin. Ils partirent de Drancy, dans des convois vers une destination horrible, celle de la mort certaine que l’on connaît sans combattre. Ils portaient des étoiles jaunes, s’appelaient Levy, se prénommaient Samuel. A leurs côtés, unis dans le malheur et la mort, les combattants de l’ombre, des anonymes devenus des héros. Ils ne connurent pas la mort au combat, mais celle de la déchéance physique qui leur fut imposée par une idéologie que l’on n’aurait jamais osé imaginer.

Que célébrons-nous, aujourd'hui ? Nous célébrons la fin d'une terrible guerre, une victoire, la mémoire des victimes et le début d'un nouvel Espoir.

La fin d'une guerre qui fût probablement la plus inhumaine de l'Histoire si tant est qu'il y ait des degrés dans l'horreur. Elle fut, en tout cas, la plus meurtrière. Il n'est pas non plus inutile de rappeler qu'elle fût le combat de la liberté contre l'oppression, de la Démocratie contre le totalitarisme, de l'Humanité contre l'horreur démoniaque.

Nous célébrons en 2016 une victoire : la victoire des alliés, la victoire de la France, Oui la victoire de la France, des femmes et des hommes de la Résistance qui refusèrent de se coucher devant la force brutale et qui refusèrent de collaborer avec l'ennemi. Cela aussi, il faut le dire et le répéter. Ces combattants ont droit à notre fidélité dans la mémoire.

Soyons fiers qu’un jour nos pères et nos grands-pères soient devenus nos sauveurs.

Le 8 mai ne sera jamais complètement ni uniquement une fête car nous ne pourrons jamais oublier celles et ceux qui ne virent pas ce jour tant attendu après avoir contribué à le préparer. Pour autant, le 8 mai, nous célébrons aussi le début d'un Espoir. Ne l'oublions jamais : les femmes et les hommes qui voyaient le 8 mai 1945 la victoire des alliés, ou qui étaient morts pour elle, voulaient aussi un monde différent, un monde plus juste, un monde plus libre, un monde plus humain.

L'Histoire jugera si ce monde de l'après-guerre aura oui ou non été fidèle à leurs espoirs. En 2016 il faut nous souvenir de cet espoir et tout faire pour continuer à contribuer, à notre place, à sa réalisation même si la crise nous ronge dans toutes ses dimensions économiques, financières, sociales, sociétales et donc politiques. C'est notre devoir en tant que citoyens et en tant qu'êtres humains. Existe-t-il, en effet, en 2016 une tâche plus primordiale, une ambition plus juste, une priorité plus impérieuse que de contribuer à un monde de paix ? Au lendemain de la guerre dont nous célébrons la fin, un monde nouveau était apparu, dans la douleur, dominé par deux blocs, surtout en Europe. Ce monde bipolaire a disparu sans douleur ou presque et depuis, le continent Européen s'est réconcilié et s'est réunifié. Un monde nouveau est né qui a malheureusement généré d'autres problèmes, d'autres dangers, d'autres violences, d'autres intégrismes, d'autres atrocités, comme à Paris et à Bruxelles, d'autres conflits et d'autres guerres. 3 de nos jeunes sont encore tombés dernièrement au Mali. Le combat pour la Paix et la Liberté est donc loin d'être terminé, il nous appartient de le mener en nous appuyant sur le courage des combattants de la liberté qui nous ont précédés. C'est, pour nous, autant de raisons de plus de regarder avec attention le passé de notre Europe, d'en méditer les leçons, d'honorer la mémoire des victimes des conflits qui l'ensanglantèrent et surtout : AGIR. C'est, en effet, au-delà des discours d'hommage, notre premier devoir vis-à-vis de celles et ceux à qui nous devons aujourd'hui notre liberté.

Que nos morts soient honorés et que ceux qui aujourd’hui racontent l’horreur des combats soient remerciés. Je voulais aujourd’hui, très modestement et très solennellement à la fois vous le rappeler.

Pour conclure, je vous propose de réfléchir aux propos de Martin NIEMOLLER, pasteur protestant allemand arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen.  Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau.  Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945.  Il a écrit : « Quand ils sont venus chercher les communistes, je n'ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste. Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n'ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n'ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n'ai pas protesté parce que je ne suis pas catholique. Et lorsqu'ils sont venus me chercher, il n'y avait plus personne pour protester. »   

Je vous remercie de votre attention.

 



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