5 DECEMBRE 2015

Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus, Messieurs les porte-drapeaux, Mesdames et Messieurs.

Les blessures disparaissent et les peines s’estompent avec le temps, mais les conséquences brutales, destructrices et durables de la guerre ne doivent jamais être oubliées.

Voici 61 ans, le 1er Novembre 1954, jour demeuré tristement célèbre dans notre pays, sous la désignation de " Toussaint Rouge ", une insurrection sanglante débutait, sur le territoire Français de l'Algérie.

Dans le car effectuant la liaison Biskra-Arris, dans les Aurès, principal foyer de l’insurrection, 2 passagers, le Caïd Hadj SADOK, ancien lieutenant de l'armée Française et l'instituteur Guy MONNEROT étaient abattus, la Caserne de Batna était attaquée, au total, plus d'une trentaine d'attentats étaient relevés dans le pays, qui rappelons-le, était département Français. Ces actions étaient revendiquées par un mystérieux groupe, le FLN , Front de Libération Nationale.     

Il s'agissait, donc bien d'une guerre civile, que notre pays allait devoir affronter. Car, sous le terme officiellement employé à l'époque par la France " d'événements d'Algérie", il s'agissait bien d'une guerre, qui allait faire de vous, anciens combattants d'Algérie, réunis aujourd'hui devant ce Monument, les combattants de la dernière génération du feu du 20 ème siècle. Ce conflit se doubla d'une guerre civile et idéologique à l'intérieur des deux communautés, donnant lieu à des vagues successives d'attentats, d'assassinats et de massacres sur les deux rives de la Méditerranée.

Durant dix ans, près d'un million et demi d’hommes, militaires de carrière, jeunes appelés ou rappelés du contingent, parce que la Patrie le leur avait demandé, servirent avec courage, honneur et dignité, sur cette terre lointaine et inconnue pour beaucoup d'entre eux, appliquant les ordres qu'ils avaient reçus.

Tout en menant des actions de pacification, l'armée Française, renforcée par des milliers d'autochtones, se lança avec succès à la poursuite des bandes rebelles. La signature d'accords avec les représentants du FLN, le 19 Mars 1962, priva l'armée Française d'une victoire acquise sur le terrain.

Retenir cette date du 19 mars pour honorer les morts des combats en Afrique du Nord, dont près de 25000 tués ou disparus :  ce serait oublier qu'après ce semblant de trêve, des milliers de Harkis , moghaznis et supplétifs , ainsi que des civils ont été torturés et massacrés, ce serait oublier qu'après ce semblant de trêve et jusqu'à l'indépendance de l'Algérie , plus de 500 militaires sont encore morts pour la France. C'est pourquoi, à la demande des Associations d'Anciens Combattants et de Veuves de guerre, les Pouvoirs Publics ont officialisé la date du 5 Décembre, jour de l'inauguration du Mémorial National à la Mémoire des Victimes des combats en Algérie, Tunisie et Maroc. Ce lieu de Mémoire a, depuis 2003, une portée historique, puisqu'il conserve les noms de tous les combattants morts pour la France, en A.F.N.  61 ans après le déclenchement de la guerre d'Algérie , le 5 décembre appelle les Français à se rassembler devant les Monuments, pour rendre Hommage aux Militaires, supplétifs et civils , morts en Afrique du Nord , dans l'accomplissement de leur devoir au service de la France.

Aujourd’hui, nous rendons aussi hommage aux 9 boïens, membres de l’ABC, qui ont été décorés, comme il se doit le 11 novembre, pour leur conduite exemplaire en Algérie: Le Titre de Reconnaissance de la Nation  a été décerné à Christian BOUGENIERES, à Jacques CARRE, à Maurice MONGRAND, et à Georges TREMBLAY, La Croix du Combattant a été  attribuée à Daniel BAC, à Jean-Claude CLEMENT, à Gérard DAUGE et à Jacques DEJEAN.  Au nom de l’ABC, je leur renouvelle mes félicitations.

Les événements de cette année, que ce soit ceux en janvier de « Charlie hebdo » et de l’espace casher, puis ceux du  vendredi 13 novembre au Bataclan et dans les rues de Paris avec 130 morts et 350 blessés démontrent s’il en était besoin la fragilité  de la paix.

Le Président de la République l’a dit : Nous sommes de nouveau en guerre.  Nous sommes en guerre et à la merci d’un acte lâche  de terroristes tuant les innocents à l’explosif ou à la Kalachnikov. 

Les réflexes suite à ces événements prouvent l’efficacité de nos forces de l’ordre : policiers, gendarmes et militaires, de nos Sapeurs-Pompiers, du SAMU et du personnel de santé.  Ils montrent surtout le courage et la dignité du peuple de France.

Après ces attentats du 13 novembre de nombreux monuments dans le monde se sont drapés d'éclairages tricolores en solidarité avec la France. A New York, le One World Trade Center, bâti sur le site des tours jumelles détruites le 11 septembre 2001. A Sydney, l'opéra. A Rio, le Christ Rédempteur qui domine la ville, à Berlin, la porte de Brandebourg et beaucoup d'autres. La Marseillaise a retenti partout, elle fut chantée sur tous les stades et par le public de Wembley. La minute de silence observée à Biganos comme partout en France et pour laquelle vous les anciens combattants êtes venus si nombreux : tous ces témoignages de solidarité nous réconfortent et font chaud au cœur.  

Mais soyons conscients que les moments d’émotion passés  nous devrons rester attentifs. Daech cherche à travers ces attentats ignobles à diviser, à mettre en opposition les différentes communautés de notre pays. La France est composée depuis toujours de différents peuples, la France est riche de cette diversité.                                                                    

Notre devoir de mémoire nous commande d’honorer aussi, ce 5 décembre, la mémoire de nos soldats tués en opérations extérieures. L'Armée Française est engagée aujourd'hui à travers le monde avec plus de 9000 soldats, aviateurs ou marins en OPEX pour protéger des peuples de la barbarie et maintenir, au nom de la France, une paix menacée.

Alors pour conclure,  permettez-moi de reprendre la citation de mon discours du 11 novembre,   où, Victor Hugo prenait la parole en 1876 à l’Assemblée nationale pour réclamer une intervention  afin de mettre un terme aux massacres de guerre qui avaient lieu en Serbie.  Aux représentants du peuple réunis, il dit ceci : « Muselons les fanatismes et les despotismes. Brisons les glaives, valets des superstitions, et les dogmes qui ont le sabre au poing. Plus de guerres, plus de massacres, plus de carnages ; libre pensée, libre échange ; fraternité.  Est-ce donc si difficile, la paix ? ». 



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