14 JUILLET 2015

Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs des forces de Gendarmerie, de la Police municipale.

Mesdames et Messieurs les Sapeurs-Pompiers de Biganos.

Messieurs les porte drapeaux

Citoyennes, Citoyens,

Et pour beaucoup d'entre vous, j'oserai dire, mes chers amis,

Célébrer chaque année le 14 juillet, c'est, d'abord célébrer un moment fort de notre Histoire, Vous le savez, notre Fête Nationale du 14 juillet, c'est d'abord la fête de notre République.

Bien sur l’Histoire retiendra surtout les noms des personnages les plus  marquants, tels que Robespierre, Danton, Camille Desmoulins, mais la Révolution française a été faite par le peuple de Paris, par ceux qu’on appelait  les « sans culotte » les premiers Anciens Combattants de la République. Ces « sans culotte » ont constitué le fer de lance d’un groupe appelé « les Montagnards » dont Robespierre pris la direction en  1793.

Certes, le 14 juillet 1789  ce ne fut pas encore la Démocratie, mais ce fut, pour la première fois par l’acte symbolique de la prise de la Bastille, que le peuple intervint de manière autonome dans le cours des évènements.

Liberté, Egalité, Fraternité, cette triple devise apparaît pendant la Révolution. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 fixe deux des trois principes clés de la République : la Liberté et l’Egalité. La Fraternité arrive un peu plus tard, le mot apparaît sur les drapeaux des fédérés lors de la fête de la Fédération au Champ-de-mars le 14 juillet 1790

Le premier à avoir formulé cette devise fut: Maximilien de Robespierre, qui dans son Discours sur l'organisation des gardes nationales le 28 avril 1791, « Elles porteront sur leur poitrine ces mots gravés : LE PEUPLE FRANÇAIS, et au-dessous : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE. Les mêmes mots seront inscrits sur leurs drapeaux, qui porteront les trois couleurs de la nation. »

LIBERTE : trouve son fondement dans l'article 1er de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, qui est l'un des trois éléments du bloc de constitutionnalité. « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité »

« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi », «  La Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas. »

EGALITE :

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » Ainsi, le mot « égalité » signifie que la loi doit être la même pour tous, sans distinction de naissance ou de condition.

Et enfin : FRATERNITE :

Incarnée, lors du serment du Jeu de paume, en juin 1789, « Nous faisons serment solennel de ne jamais nous séparer, et de nous rassembler partout où les circonstances l’exigeront, jusqu’à ce que la Constitution du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides. »

Et Mirabeau de lancer aux gardes du roi la fameuse phrase :

« Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous ne quitterons nos places que par la force des baïonnettes ! ».

La fraternité est une obligation de chacun vis-à-vis d'autrui.

Le 14 juillet, c'est la fête de la République, cette République qui est un peu comme l'air que l'on respire, quelque chose dont on ne se rend compte que  lorsqu'elle disparaît ou se raréfie...

En ces temps que nous vivons et qui résonnent d'intégrisme, d'intolérance, de violences et d'excès de langage, célébrer notre 14 juillet doit être aussi l'occasion de nous souvenir que nous disposons, avec la République et la Démocratie, d'un bien d'autant plus précieux qu'il reste rare dans le monde. C'est un bien qui mérite qu'on se batte pour lui, pour le préserver, pour l'enrichir, pour l'enraciner, le conforter... et d'abord au quotidien pour ne pas le dégrader.

La République n'est pas seulement une forme de gouvernement, c'est une éthique, une manière de voir le monde, un mouvement, une espérance.

C'est la volonté de faire en sorte que les règles de la vie en commun soient élaborées par l'ensemble de ceux auxquelles elles s'appliquent.

Pour nous, Français, la Nation est indissolublement liée à la République. Cela nous donne de manière récurrente des devoirs particuliers. Cela aussi, d'une certaine manière, donne à la Nation française une définition particulière : La nation comprise comme un peuple assemblé dans la volonté de vivre ensemble et de se construire ensemble.

La Nation ne peut se réduire à je ne sais quel conglomérat de communautés ethniques, religieuses, ou culturelles. La Nation ne peut non plus se réduire à la juxtaposition de groupes ou de communautés autonomes, indifférentes, sinon hostiles.

C'est dire si nous avons le devoir d'être vigilants envers tout ce qui pourrait risquer de réduire ces dimensions de la Nation, souvenons-nous en janvier : nous étions tous Charlie. Nous devons refuser toute dérive communautaire qui accepterait ou  revendiquerait des droits ou des devoirs particuliers pour des groupes particuliers dans la Nation. Mais aussi refuser toute dérive qui aboutirait à tenter de refuser le droit à l'appartenance à la Nation à celles et à ceux qui, vivant avec nous, nés à nos côtés, partageant nos valeurs, veulent ainsi faire partie de notre Nation.

C'est tout l'enjeu de l'adéquation entre la nationalité en termes juridiques et l'appartenance  à la Nation en termes politiques, sociaux, culturels, citoyens et donc laïcs.

Enfin, chaque 14 juillet, c'est aussi l'occasion de faire la Fête, parce que la fête fait partie de ces moments d'unité du peuple français quand elle porte ce très beau nom de « fête populaire ».Oui, une grande fête populaire, dans le sens le plus riche et le plus respectable du mot.

Une fête qui rassemble dans le plaisir d'être ensemble, de partager des moments de plaisir, de joie, voire d'émotion comme hier autour du traditionnel et magnifique feu d'artifice.

Une fête encore, tout de suite après cette cérémonie protocolaire, en nous accompagnant jusqu'au parc Lecocq pour l’inauguration du nouveau local de l’ABC qui sera baptisé du nom de notre Président fondateur et pour partager encore le plaisir d'être ensemble.

Merci mes amis de votre présence,  Vive le 14 juillet !



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