18 JUIN 2015

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les élus.

Messieurs les porte-drapeaux.

Mesdames Messieurs

 

"La flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas." Ces derniers mots de l'Appel du Général De Gaulle, le 18 juin 1940, prononcés depuis un studio de la BBC à Londres, faisaient entendre une détermination, un courage et un sens de l'honneur qui réconfortèrent tous ceux qui ne se résignaient pas à la défaite.

Cette voix solitaire et audacieuse, qui s'élevait le lendemain de la déshonorante capitulation, redonnait espoir aux opprimés de la France occupée et de l'énergie à toutes celles et tous ceux qui refusaient l'humiliation et la barbarie du régime nazi.

Face à la puissance militaire et à l'effet de surprise de l'envahisseur, pour De Gaulle, il n'y avait qu'une alternative : fédérer les forces en sommeil de ses compatriotes.

Cet appel historique, que nous commémorons 75 ans plus tard, fut un acte politique fondateur. Celui du courage d'un homme, capable, contre tous, de dire "non".

Pour tous ceux qui l'entendirent, comme pour ceux qui n'eurent pas cette chance, le long, opiniâtre et périlleux travail de la Résistance commençait.

Des ouvriers, paysans, ingénieurs, soldats, officiers décidèrent de répondre à cet appel et de relever le défi que proposait De Gaulle : continuer le combat, faire la guerre à la guerre jusqu'à la victoire des forces démocratiques et républicaines.

Les ressources de la Résistance, malgré, au début, le manque de moyens matériels, s'avérèrent d'une grande utilité, toujours créatrices, inventives et en cela fédératrices et porteuses d'un espoir qui ne se démentira pas.

Par le bouche-à-oreille, dans tous les milieux de la société, dans l'ombre de la clandestinité et prenant tous les risques, des femmes et des hommes déterminés ont réussi, pendant cinq longues années, eux-aussi et à leur tour de dire "non", à s'organiser et à prendre part à la victoire.

Ils l'ont fait, pour beaucoup d'entre eux, au prix de la torture et de la déportation et souvent au péril de leur vie.

L'Appel du 18 juin a suscité dans le peuple le sens de la responsabilité citoyenne, caché au cœur de chaque femme, de chaque homme, malgré le danger.

Refusant les mots de Pétain qui "faisait don de sa personne" à l'ennemi, De Gaulle, dans le désert politique de l'époque, en rassemblant des forces éparses, a réussi à constituer un corps populaire résistant et volontaire.

L'Appel du 18 juin incarne, dans les mots, l'espérance et l'indignation : le peuple y a trouvé la force de faire bloc autour des valeurs de l'humanisme et du dévouement aux autres, jusqu'au sacrifice suprême.

Le Conseil National de la Résistance, fédéré par Jean Moulin, à la demande du Général De Gaulle, inscrira ces valeurs dans l'histoire de notre pays, valeurs toujours à défendre aujourd'hui.

L'enthousiasme des forces citoyennes à les défendre s'incarnent aussi en ce moment dans les peuples résistants aux dictatures de par le monde. Nous pensons à eux.

Puissent-ils trouver, à leur tour, une voix qui les accompagne dans leur combat pour ces valeurs émancipatrices de justice sociale et d'humanisme.

Puissent-ils trouver, eux-mêmes, la voie de la démocratie, de la fraternité, de l'égalité et de la liberté.

L'Appel du 18 juin 1940 nous enseigne, encore aujourd'hui, qu'il n'y a pas de fatalité à la soumission. Et que les Hommes peuvent choisir leur destin.

Le 18 juin 1940, depuis Londres, sur les ondes de la BBC, la voix d’un homme s’est élevée.

Cette voix lançait un appel vers la France. Un appel solennel à l’insoumission et à la résistance.

Ce cri de révolte, construit, argumenté, qui appelle les Français à désobéir à l’autorité est d’autant plus étonnant qu’il émane d’un militaire. Un militaire qui encourage le peuple de France, ses compatriotes, à ne pas se soumettre aux ordres de son supérieur, le chef de l’Etat français, le Maréchal Pétain. La France avait capitulé, Philippe Pétain avait demandé aux Français d’accepter le joug de l’envahisseur nazi. Une défaite que le général de Gaulle n’a jamais admise. Homme de courage et de conviction, il exhortait, lui, le peuple à rester debout, à résister, à conserver sa fierté. A combattre pour sa liberté.

Comme quelques rares hommes dans l’Histoire, le général de Gaulle a pris ce jour-là un risque considérable. Seul, il a eu le courage de faire face au nombre, au découragement, à la résignation, aux menaces.

« Rien d’audacieux n’existe sans la désobéissance », a dit Jean Cocteau. Le 18 juin 1940, le général de Gaulle a fait preuve de ce discernement rare qui caractérise ceux qui ont une vision de l’Histoire. D’abord, seul, il a dit « non ». Des hommes et des femmes que rien, pourtant, ne destinait à l’héroïsme ont entendu cet appel, et ont rejoint le général rebelle dans son combat. Ceux-là ont préféré, pour beaucoup d’entre eux, mourir debout que vivre couchés. A ces anonymes aussi, et peut-être même d’abord à ces anonymes, nous devons aujourd’hui rendre hommage. Tant il est vrai que, pour eux, il eût été plus facile de ne rien entendre, de continuer à vivre cachés. De suivre les consignes officielles d’un pouvoir asservi. Et de faire semblant de croire à la propagande du gouvernement de Vichy.

Aujourd’hui encore, en temps de paix, quand ils se lèvent, les hommes ou les femmes qui disent « non » à la guerre, à l’oppression, à la misère sont souvent bien seuls. Et peu entendus.

Dans son appel, Charles de Gaulle lançait : « L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire ».

Y croire encore alors que beaucoup ont perdu tout espoir. Avoir eu raison contre tous, c’est la force de cet homme d’exception et la leçon qu’il nous permet de tirer de l’Histoire.

Nous sommes ici réunis pour nous en souvenir.

Je vous remercie.



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